mercredi 28 septembre 2011

La malédiction du plastique

Arte et Ushuaiha TV rediffusent en septembre et octobre 2011 un très intéressant documentaire réalisé en 2009 sur les usages du plastique.
Le réalisateur canadien Ian Connacher nous explique que partout dans le monde, dans les villes et les campagnes, les montagnes et les déserts, dans les rivières et dans tous les océans on retrouve des déchets de plastique.


Plus d'un siècle après son invention, nous sommes aujourd'hui victimes du succès du plastique. Très pratique et rendant mille services, il est malheureusement imputrescible.


Dans plusieurs milliers d'années, tout le plastique que nous avons utilisé polluera encore l'environnement...
Le constat est alarmant, mais une prise de conscience commence à se faire à l'échelle mondiale. Non seulement il importe de fabriquer moins d'objets, contenants et emballages en plastique, mais leur recyclage pourrait être amélioré. Des entreprises proposent désormais des solutions alternatives. Les stylistes s'y mettent et proposent des éléments de décoration, des robes et des accessoires en plastique recyclé ! Il serait aussi possible de fabriquer des matériaux ayant les mêmes vertus que le plastique mais biodégradables, en utilisant des végétaux. Du bioplastique, en quelque sorte.. Un passionnant périple où alternent images choc (le "Garbage Patch" dans l'océan Pacifique, les décharges indiennes à ciel ouvert, les plages de Hawaii...) et paroles d'experts.

mardi 27 septembre 2011

La photographie des papillons

En souvenir de cette année qui se termine pour les lépidoptères, voici quelques images de papillons du monde que j'ai réalisées dernièrement.
Leur vol étant toujours gracieux et leurs motifs souvent très beaux et très délicats, on ne se lasse jamais de les observer voler, se reposer ou se nourrir. Voici donc quelques instantanés de leur vie.

Caligo eurilochus sulanus
Une vie de papillon
Les papillons volent de fleur en fleur des premières chaleurs du printemps aux premières gelées. Ils naissent sous forme d'oeufs qui vont subir plusieurs métamosphoses : chenille (quelques jours), chrysalide (quelques semaines) et imago.
Si la plupart des espèces ne vivent que quelques jours (le Bombyx du mûrier) ou quelques semaines, d'autres comme le papillon Tigre ou le Citron par exemple peut vivre de neuf mois à plus d'un an.
Les papillons sont des insectes très fragiles. Ils ont besoin de chaleur et craignent la pluie tandis que les espèces tropicales apprécient un climat chaud et humide (27°C par 70% d'humidité) qui rebuterait plus d'un touriste amateur de sauna.
Avec l'automne et les frimas qui approchent, les papillons vont s'en aller vers des cieux plus cléments tandis que d'autres vont hyberner ou simplement mourir.

Greta otto
Photographie
Pour les photographes amateurs, la chasse aux papillons reste un thème tout aussi délicat que son sujet.
Tout d'abord certains papillons sont farouches et ne supportent pas qu'on s'approche trop près d'eux, d'où l'intérêt de rester immobile et d'utiliser un petit téléobjectif.
Ensuite par ses dimensions (10 cm en moyenne), photographier un papillon exige soit une optique macro soit un zoom capable de se rapprocher jusqu'à environ 30 ou 50 cm du sujet. L'objectif est en général une focale de 80 à 105 mm f/2.8 ou f/3.5.
Vient ensuite la prise de vue : le sujet est généralement tellement petit et l'agrandissement voisin si par supérieur à 1:1, que la profondeur de champ se réduit souvent à quelques millimètres... L'alternative est d'utiliser un flash puissant dont la lumière est diffusée.

Kallima paralekta

Une image c'est aussi de l'esthétique. Il faut donc soigner la composition et si possible les couleurs. Pour faire ressortir le sujet de l'arrière-plan, ce dernier doit être flou. Il faut donc jouer sur le profondeur de champ et donc sur l'ouverture du diaphragme. Un diaphragme trop fermé va capturer trop peu de lumière, augmenter le risque de diffraction et noyer le sujet dans l'arrière-plan. Un diaphragme trop ouvert ne donnera pas assez de profondeur de champ et vous aurez des difficultés pour effectuer la mise au point sur tout le corps de l'insecte. Il faut donc trouver un compromis par essais et erreurs.
Personnellement je conseillerais un diaphragme entre f/8 et f/22 pour une vitesse d'au moins 1/100e de seconde avec ou sans flash mais tout dépend de l'éclairage et du comportement du sujet.
Le point le plus délicat à maîtriser est en tout cas la mise au point. Mieux vaut donc mitrailler et faire plusieurs photos du même sujet en soignant la mise au point pour espérer avoir une photo bien nette.

Idea leucomoe
Accessoires
Il va sans dire qu'en macrophotographie, la mise au point automatique (autofocus) est inutile. La plupart du temps le système servo est incapable de distinguer le sujet de l'arrière ou de l'avant-plan et ne parvient pas à faire la mise au point. Il faut donc débrayer cet automatisme et effectuer la mise au point manuellement.
Le flash annulaire ou portable et déporté peut rendre de grands services à condition qu'il ne porte pas d'ombres trop dures. Dans ce cas il convient de le couvrir d'un diffuseur en toile.
Le trépied est rarement utilisable avec un sujet aussi mobile qu'un papillon. Reste le monopied télescopique qui permet parfois d'apporter un peu de stabilité, encore faut-il qui puisse être élevé jusqu'à environ 1.6m du sol.

Graphium agamemnon

Il va de soi que l'usage des objectifs munis d'un système anti-vibration (VR) est recommandé; ce dispositif permet en théorie de photographier à main levée jusqu'à 1/6e de seconde dans les meilleurs cas.
Vous pouvez augmenter le grossissement au-delà du rapport 2:1 ou 1:1 en utilisant une optique à soufflet (mais de préférence en studio car c'est assez encombrant), c'est la solution idéale. La solution alternative consiste à acheter un tube allonge (doubleur de focale) mais qui présente une perte de luminosité ou plus simplement d'utiliser une bonnette d'approche (un doublet de lentilles achromatiques) mais ces solutions sont chères et ne donneront jamais d'aussi bons résultats qu'une bon objectif macro.
Enfin, les appareils photos de dernière génération équipés d'un moniteur articulé sont très pratiques; même si l'appareil est placé au raz du sol ou est porté à bout de bras, l'écran orientable vous permet d'avoir une vue précise du cadrage et de la mise au point du sujet.

Heliconius ismenius
L'appareil photo
Nous seulement vous devez être prêt à supporter des heures de chaleur et d'humidité si vous chassez les papillons tropicaux mais votre appareil photo doit également tenir le coup. Un appareil photo hermétique n'est pas toujours indipensable - je travaille avec un Nikon D7000 et une optique zoom de 16-85 mm -, mais si vous faites régulièrement des voyages dans la région tropicale, un réflex tropicalisé muni de joints hermétiques et une optique macro munie d'un flash annulaire ne seront pas des achats superflus.

Caligo eurilochus sulanus

Vous trouverez d'autres images de papillons dans la page Microcosmos sur mon site Luxorion.
Bonne chasse !

lundi 26 septembre 2011

On a reconstruit le film de notre pensée visuelle

Une équipe de chercheurs américains a mis au point un système d'imagerie capable de visualiser les informations produites par le cerveau .
Le professeur Jack Gallant, neurologue à l’Université de Californie à Berkeley (UCB) et ses collègues ont utilisé un système dimagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et des modèles informatiques pour décoder et reconstruire les stimuli visuels dynamiques de plusieurs dizaines da patients volotaires.


Une fenêtre sur l'esprit
"Nous avons ouvert une fenêtre sur le cinéma de nos esprits", a déclaré le professeur Gallant. Cette technologie permet de reproduire les films que nous formons dans notre tête, comme les souvenirs ou les rêves. “C’est un grand bond vers la reconstruction de l’imagerie interne", a déclaré le professeur allant,
Autre point positif :  cette la technologie pourrait permettre de voir dans l’esprit des personnes qui ne peuvent pas communiquer verbalement, comme les victimes d’AVC, les patients dans le coma et les personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Elle peut aussi jeter les bases d’une interface cerveau-machine, afin que les personnes atteintes de paralysie cérébrale aient la possibilité, par exemple, de guider les ordinateurs avec leurs esprits.
Le professeur Gallant précise toutefois que ce n'est pas demain que cette technologie permettra à des savants fous de lire nos pensées et nos intentions !
Principe de l'expérience
Le professeur Gallant et son équipe ont tout d'abord enregistré l’activité cérébrale de trois membres de l'équipe servant de cobayes qui regardaient des images en noir et blanc. Ils ont ensuite construit un modèle informatique qui leur a permis de prédire avec précision quelle image le sujet regardait.
Ensuite les chercheurs ont effectué le décodage des signaux du cerveau produit par des images animées.
L'expérience fut éproruvante car les volontaires ont dû rester immobiles à l’intérieur de l’IRMf pendant des heures. Ils ont regardé deux ensembles distincts de bandes-annonces de films hollywoodiens, alors que l’IRMf était utilisée pour mesurer le flux sanguin dans le cortex visuel, la partie du cerveau qui traite l’information visuelle.
Sur l’ordinateur, le cerveau a été divisé en un réseau tridimensionnel (des pixels volumétriques ou voxels) afin de construire un modèle informatique du cerveau. “Nous avons construit un modèle pour chaque voxel qui décrit comment la forme et l’information de mouvement, dans le film, sont mappées dans l’activité du cerveau", a déclaré Nishimoto, l'un des chercheurs volontaires de l'expérience.
L'enregistrement de l'activité cérébrale a ensuite introduit dans le programme informatique qui a appris, seconde par seconde, d'associer des modèles visuels du film avec l’activité cérébrale correspondante. L’activité cérébrale induite par la deuxième série de films a été utilisée pour tester l’algorithme de reconstruction du film. Il aura fallu alimenté le programme informatique de 18 millions de secondes de vidéos YouTube prises au hasard, afin qu’il puisse prédire l’activité du cerveau que chaque clip pouvait probablement évoquer dans chaque sujet.
Finalement, les 100 vidéos que le programme informatique a estimé être les plus similaires au clip que le sujet avait vu, ont été fusionnées pour produire une reconstruction en continu du film original.
Ce sont ces films qui sont présentés ci-dessus. L'expérience est un succès car on aperçoit assez bien les couleurs et les formes, même si le film de l'activité cérébrale manque encore de détails.